Il y a 13 ans, Cécile Rintjema découvre l’escalade. Habituée aux compétitions équestres et à un milieu particulièrement féminin, la découverte de la grimpe lui fait revoir sa conception du sport. Des années plus tard, lorsqu’elle passe son diplôme pour devenir coach sportive puis son diplôme d’Etat d’escalade, elle décide d’étudier le plafond de verre qui couvre les femmes et de créer une préformation qui leur permettra de le briser pour prendre leur envol. C’est dans cette optique que le projet Hiron’DElles est né.
Afin de réaliser son projet, Cécile Rintjema s’associe avec le SNAPEC et la FFCAM. Ensuite, elle s’entoure de formatrices : Nadia Royo Cremer, Camille Doumas et Sandrine Fevre. Ensemble, elles réfléchissent au cursus en fonction des besoins ciblés dans l’étude de Cécile. Leur accompagnement doit permettre aux femmes qui le souhaitent de se préparer ensemble à la formation au diplôme d’Etat. Un projet inspirant qu’on vous présente ci-dessous.
“Ce cursus de préformation est le fruit de mon projet de diplôme et des actions menées par le SNAPEC en matière de féminisation. J’avais en tête d’y apporter des outils techniques de moniteur.ice escalade mais aussi d’y proposer un accompagnement en préparation mentale qui augmenterait l’effet catalyseur du groupe.” Cécile
Se former pour pouvoir accompagner
TEP, CREPS et DEJEPS
Passionné.es par l’escalade, certain.e.s se lancent dans les compétitions, en repoussant chaque jour leurs limites, et d’autres dans l’encadrement, pour se former et former les autres. Deux manières de découvrir les spécificités et les technicités propres à ce sport.
La première étape pour celles et ceux qui souhaitent se former est de comprendre comment se déroule le parcours et quels sont les établissements liés. Dès lors, si vous souhaitez exercer en tant que moniteur.ice, plusieurs options s’offrent à vous dont le DEJEPS – Diplome d’Etat de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport. C’est le diplôme le plus complet. Il permet d’exercer une activité professionnelle de coordination et d’encadrement éducatif dans les domaines d’activités physiques, sportives, socio-éducatives ou culturelles.
Le DEJEPS EMN (en milieux naturels) permet d’encadrer tout type d’escalade, de la salle à la grande voie en terrain d’aventure. Il s’obtient dans un CREPS – centre de ressources, d’expertise et de performance sportive.
Pour pouvoir intégrer ce DE, il faut d’abord réussir le TEP, Test d’Exigences Préalables. Et, si tous les prérequis sont expliqués sur les sites officiels, c’est une vision très théorique de cette épreuve et de nombreuses personnes décident de suivre des préformations pour s’y préparer. C’est ici qu’intervient le projet Hiron’DElles.
De la recherche universitaire à la pratique
Lors de ses études, Cécile Rintjema s’est rendu compte que les inscriptions féminines au TEP étaient peu nombreuses, donnée révélatrice d’un plafond de verre pour les femmes. Soutenue dans sa démarche par le SNAPEC, elle s’associe également à la FFCAM – Fédération française des clubs alpins et de montagne – pour lancer le projet Hiron’DElles, une formation en non mixité choisie pour se préparer au TEP en groupe. Ensemble, les deux partenaires engagés partagent la même vision de l’avenir : voir le nombre d’inscrites au DEJEPS EMN augmenter dans les années à venir, et avec lui le nombre de monitrices progresser.
Nadia Royo Cremer, secrétaire générale du SNAPEC, soutient ce projet parmi les divers projets inclusifs développés par le syndicat ces dernières années. En effet, les membres du SNAPEC – le Syndicat National des Professionnels de l’Escalade et du Canyon (1986) – se sont particulièrement investis dans des actions fortes pour aider à féminiser les professions en milieux naturels en travaillant sur les freins culturels liés au genre. Ils militent pour un exercice décent, responsable et émancipateur du métier, tant pour les hommes que pour les femmes.
Une formation en non-mixité choisie
S’ils sont de plus en plus présents, les groupes en non mixité choisie sont encore questionnés. Quels sont les objectifs poursuivis ? Les raisons de les mettre en place? Représentent-ils une réelle avancée ?
C’est parce que nous en sommes convaincues que l’on prendra le temps de les créer, les présenter, les expliquer, les mettre en valeur. Avec le temps, chacun.e pourrait alors y adhérer.
Un parcours personnel qui invite à penser la non mixité
Les groupes en non mixité choisie sont assez récents dans l’Histoire et nos quatre formatrices, comme la plupart des femmes de leur génération, n’en ont pas profité.
Femmes fragiles ?
Camille se rappelle “quand j’avais 10 ans et que je débutais, j’étais souvent la seule fille du groupe”. Depuis, les conditions ont évolué et les inégalités sont moins marquées dans la pratique, par contre elles sont encore très présentes dans le monde professionnel.
Au sein d’un groupe, les femmes sont encore perçues comme des êtres plus fragiles, moins aptes à réussir les tests de formation. Ce jugement impacte directement et indirectement les femmes dans leur perception d’elles-mêmes et de leurs collaboratrices. Sandrine se souvient d’une candidate atteinte de la maladie de Raynaud qui était jugée fragile lorsqu’elle se plaignait de certains symptômes sans que l’on reconnaisse sa force à se dépasser en permanence. C’est pour cela qu’il faut absolument offrir aux femmes un espace où on témoigne de leur force.
« Il y a quelques années de ça, je me souviens être allée dans une grande voie en ED (« Extrêmement Difficile »). Avec une copine, nous avons croisé seulement une cordée d’hommes avec laquelle il n’y avait pas moyen d’avoir des échanges fluides et agréables. Leur seule observation : vous n’êtes pas dans votre voie, la plus facile c’était celle d’à côté ». Cécile
Avec ou contre les autres ?
A cela s’ajoute que l’environnement sportif est encore saturé par l’esprit de compétition. L’autre – la femme – devient l’ennemi : chacune se souvient des moqueries reçues dans le but de les déstabiliser ou simplement de les rabaisser. Une manière simple de se sentir plus fort. En offrant un espace non mixte, c’est aussi de cette mentalité que nos formatrices veulent sortir.
“Il y a quelques années, j’ai organisé avec l’EPAF un événement appelé Escal’Nature, dont le but était de rassembler des grimpeuses qui voulaient découvrir le Terrain d’Aventure. Ce fut une de mes premières expériences de grimpe en non mixité. Je me suis rendu compte qu’en l’absence de présence masculine, les femmes étaient plus libérées dans leur pratique, elles osaient davantage tester des passages au-delà de leurs limites supposées, elles exprimaient plus facilement leurs peurs et leurs inquiétudes, tout en affirmant davantage leurs attentes, leurs objectifs et leurs projets en escalade.” Nadia
Cela ne veut pas dire que toutes les femmes se fixeront les mêmes limites. Nous avons toutes nos personnalités, certaines plus impactées que d’autres par les diktats de la société. L’important, c’est de permettre à chacune d’y arriver.
Déconstruire pour reconstruire
Notre éducation, nos rencontres, nos pratiques sportives, nos modèles, tout peut influencer notre parcours. Parmi nos formatrices, certaines ont reçu une éducation genrée – être une petite fille rangée, soigner son apparence – alors que d’autres pas.
Dans le premier cas, cela peut prendre des années de pratiques sportives diverses et de préparation mentale en parallèle, pour déconstruire des croyances tenaces, liées à une éducation genrée. C’est ce qui explique l’importance portée à la préparation et la construction mentale dans le projet Hiron’DElles. Toutes confirment que ce sont des groupes de confiance – et les modèles féminins qu’elles y ont rencontrés – qui leur ont permis de se dépasser.
Le groupe en non-mixité permet un espace de liberté plus grand pour les participantes. Pour Nadia, qui a eu une éducation beaucoup plus libre, où on l’a encouragée à prendre sa place, c’est une manière d’offrir aux autres la chance qu’elle a eue.
“C’est quand j’ai compris que toutes les femmes n’avaient pas eu la même éducation, qu’elles étaient remplies de croyances qui les bloquaient et les empêchaient d’être pleinement elles-mêmes, que j’ai voulu m’investir dans des actions pour les aider à lever ces freins.”
La non-mixité c’est réinventer les dynamiques de groupe
Le but est d’enfin proposer cet espace aux jeunes femmes qui le recherchent. Le groupe en non mixité choisie, c’est finalement un sas qui permet aux femmes de se sentir prêtes pour la suite de leur parcours et les épreuves que le DE amènera.
“Certaines femmes ont besoin d’un espace bienveillant et sans jugement pour arriver à vaincre les freins qui les empêchent de réaliser leurs envies ou projets. Elles ont besoin d’outils, de techniques, mais aussi et surtout de temps pour gagner de la confiance. Dans un cadre non-mixte elles osent plus s’engager, peu à peu prendre leur place d’une manière plus sereine, en se sentant plus capables d’y arriver. La force du groupe est une source riche et très stimulante humainement”. Nadia
Un espace qui réduit les freins perçus
Dans son étude, Cécile met en avant les freins rencontrés par les monitrices interrogées.
“Parmi les répondantes à l’enquête que j’ai menée en janvier 2025, 40 monitrices déjà diplômées m’ont partagé les freins qu’elles ont rencontrés avant et pendant la formation. Une majorité d’entre elles indiquent avoir douté de leurs compétences physiques et mentales, pas toujours voire jamais soutenues dans leur parcours par les formateurs (essentiellement des hommes). La plupart précise qu’elles auraient aimé se « préparer » à entrer en formation pour se sentir plus solides face à cette année très exigeante.”
C’est ce qui a poussé Cécile Rintjema a développé le projet Hiron’DElles. Par la non-mixitée choisie, le projet assure un espace sécurisant pour les femmes, qui osent alors plus facilement s’exprimer et se tromper. Comme on le disait plus haut, dans un groupe mixte, on peut implicitement considérer qu’une femme se plaint parce qu’elle est faible, ce qui ne sera pas le cas dans un groupe uniquement féminin. Et, parce que l’éducation genrée pousse plus les femmes à développer les qualités liées à la bienveillance, on retrouve moins l’idée d’écraser les autres participantes pour se sentir fortes.
“Les femmes osent plus se confronter à leurs peurs et leurs croyances, elles sont inspirées par les autres femmes autour d’elles, et cela tire tout le monde vers le haut.” Nadia
« Cette préformation montre qu’il est possible de lever certains freins, de prendre confiance et de se sentir pleinement légitime » Sandrine
Un espace sécurisant
Par ailleurs, le cursus a aussi été pensé de manière à pouvoir développer la confiance au sein de groupe. A chaque séance, les candidates et les formatrices se laissent des temps d’échanges, font un debriefing pendant lequel elles expriment leurs émotions.
“Il y a beaucoup plus d’écoute, on s’autorise à parler de nos émotions, de nos peurs et de nos envies. Chaque début de stage commence par un tour de météo interne.[…] On se sent comprises, et souvent ce que les autres disent résonne en nous, on se rend compte qu’on est dès fois confrontées aux mêmes difficultés et cela est rassurant. Et on peut partager plus facilement les méthodes en escalade ! Il y aussi un sentiment de fierté,on se sent fortes. Pour moi ces moments sont une source de richesse humaine incroyable.” Nadia
C’est une des raisons pour lesquelles la préformation a été pensée sur une année complète et non comme un cycle court et intense. C’est cette dispersion qui permet de réellement apprendre à se connaître, à partager et donc à pouvoir s’entraider.
« Au fil des jours, j’ai vu les participantes progresser, s’encourager, partager leurs expériences et dépasser leurs appréhensions. Le fait d’évoluer entre femmes crée un climat de confiance et de bienveillance où il est plus facile de poser des questions, de faire des erreurs et d’apprendre sans se sentir jugée. » Sandrine
Pour Cécile, il était indispensable d’apporter un accompagnement pour la préparation mentale en plus des outils techniques.
“Coach mentale en activité depuis plusieurs années, j’ai reçu un grand nombre de femmes qui me consultaient pour trouver estime et confiance dans leurs projets sportifs, pro ou même perso. Un discours commun en ressort souvent : « je suis fragile », « je ne suis pas assez », « je n’ose pas », « je ne suis pas capable », « j’ai envie mais je me sens limitée » ».
Un espace au rythme variable
Les formatrices ont également à coeur de s’adapter au rythme de chacune, de leur permettre de refaire lorsqu’elles n’y arrivent pas.
“En tant que formatrice, j’ai vraiment l’impression de leur donner des petites clés pour les aider à déconstruire leurs blocages. C’est merveilleux de les voir prendre confiance en elles, progresser techniquement, développer un tempérament plus déterminé, capables d’être leadeuses, comme des belles fleurs qui s’ouvrent au printemps après un trop long hiver. C’est encourageant mais en même temps, dès fois, ça peut être frustrant de réaliser à quel point le travail à faire sur soi est long et dur. » Nadia
Hiron’DElles, pour une montagne plus inclusive
Cécile se lance dans l’aventure d’un cursus féminin. Elle connaît le rôle important des quelques modèles féminins qu’elle a rencontrés pendant sa propre formation. Son principal objectif avec le projet Hiron’DElles est bien de permettre aux femmes de se sentir confiantes pour passer le test d’entrée au diplôme d’Etat et suivre la formation dans de bonnes conditions. Pour cela, il faut travailler sur plusieurs aspects.
Une formation axée sur les techniques
Le premier, c’est de donner les outils techniques pour se sentir à l’aise avant et pendant la formation. Sinon, les candidates risquent de douter et d’abandonner plus vite.
“Ce qu’il faut comprendre, c’est que la technique c’est à la fois manier les outils, comprendre son matériel mais aussi apprendre à anticiper et à analyser le terrain. Par exemple, lors d’une longue voie, il faut profiter des sections plus faciles pour récupérer plutôt que de courir.” Camille
C’est elle qui s’occupe de les préparer : il faut être capable le jour de l’épreuve de grimper flash 2 voies d’un niveau minimum 6C parmi 3 proposées et un bloc d’un niveau 6A parmi 4 proposés.
Un projet humain
Le deuxième, c’est de travailler la confiance en soi. C’est un travail individuel et collectif, où chacune avance individuellement mais aussi avec le groupe. Au niveau personnel, Cécile va coacher les participantes et les aider à détecter leurs points de blocage grâce à des outils psychologiques.
“Avec ma double casquette de coach mentale et de monitrice d’escalade, j’interviens sous forme d’échanges structurés et guidants auprès des stagiaires qui le souhaitent. Comme en cabinet, j’agis comme un garde-fou qui leur permet d’ancrer de nouvelles habitudes de confiance en soi : c’est en effet le travail de toute une vie que de déconstruire des croyances, chacune ayant un vécu unique (environnement, comportements, sensations, stratégies, valeurs, vision du monde…). Je pars de ce vécu pour adapter les apprentissages et mes outils d’accompagnement”
Au niveau collectif, le but est d’avancer ensemble, se rassurer les unes les autres sur les compétences théoriques et pratiques, tout en consolidant ses acquis. De cette manière, Cécile espère que les participantes bénéficieront des mêmes opportunités qu’elle.
“ C’est aux côtés d’autres femmes qui exercent les mêmes pratiques que moi que j’apprends à mieux me connaître, à prendre confiance en toutes mes compétences, mes limites, mes points de force, sans jugement et sans me sentir systématiquement pas assez ou trop loin d’un résultat. Plutôt dans un schéma d’envie de progresser et de motivation » Cécile
Un objectif commun
L’objectif est que les inscrites puissent réussir les TEP après 12 mois de formation et poursuivre la formation du DEJEP dans de bonnes conditions. Bien évidemment, il y a quelques exceptions pour celles qui souhaitent se former sur un laps de temps plus long pour des raisons personnelles. Cette année, sur les 40 candidatures, neuf femmes ont été sélectionnées. Lors des sélections, les formatrices ont observé leur niveau, leur capacité à évoluer dans des voies non équipées et en grandes voies. Ensuite, elles ont eu un longue entretien individuel avec ces jeunes aspirantes
“Afin de pouvoir sélectionner le plus objectivement possible neuf femmes qui correspondent au mieux au profil ciblé par ce cursus. Un choix toujours très difficile car toutes méritaient un parcours de ce type » Nadia
Finalement, en formant ces femmes, on permet aussi d’avoir plus de femmes référentes à l’avenir.
“Tant les hommes que les femmes ont besoin de modèles féminins avec de l’expérience et compétentes, trop peu nombreuses dans le milieu de la formation (1 à 4 formatrices pour 10 à 15 formateurs). Très souvent les stagiaires me disent apprécier l’approche et la posture différentes et complémentaires que j’apporte en tant que femmes dans les équipes de formation. Grâce à ces retours, je me suis rendu compte qu’il est aussi important que des formatrices encadrent aussi des groupes d’hommes en non-mixité pour qu’ils n’aient pas que des modèles masculins. Cela pourrait aussi aider à accélérer la déconstruction de certains conditionnements.” Nadia
Une formation innovante
Créer un parcours de formation, c’est réfléchir à la logistique ainsi qu’aux méthodes didactiques et pédagogiques qui l’entourent.
Une équipe plurielle et variée
C’est une équipe de quatre femmes qui encadre les modules de cette formation. Elles forment un groupe complémentaire, tant sur la base de leurs expériences que sur leurs personnalités.
« Pour les encadrantes, nous avons souhaité privilégier les formatrices qui interviennent dans les CREPS ainsi qu’à la FFCAM, très peu nombreuses, car elles sont les plus légitimes et compétentes, et malgré tout, pas assez visibles et valorisées. » Nadia
Le CREPS soutient le projet en mettant à disposition deux de ses formatrices, Sandrine et Camille.
Camille Doumas intervient dans le CREPS de à Montpellier, et possède le BEES escalade depuis bientôt 4 ans. Elle s’est spécialisée dans l’entraînement qu’elle supervise. C’est en falaise qu’elle prend le plus grand plaisir à grimper. Être dehors, c’est profiter de la nature tout en passant des moments conviviaux avec ses amis.
| Sandrine Fevre travaille pour la FFCAM. Elle découvre l’escalade à 36 ans et a envie de partager tous les bienfaits que ce sport lui a apportés. L’escalade, c’est un peu sa crise de la quarantaine. Et c’est parce qu’elle vient de découvrir sa passion qu’elle parvient à encaisser toutes les remarques sur ses capacités, liées à son genre ou à son âge. Pour elle, participer à cette expérience, c’est permettre à des femmes de connaître un chemin moins épineux tout en pouvant partager avec les autres. Depuis qu’elle vit de sa passion, elle a gagné en confiance et c’est cette chance qu’elle souhaite transmettre. |
« Être formatrice sur le module Grande Voie et Terrain d’Aventure, dans le cadre de cette préformation féminine de préparation du DE a été une expérience particulièrement enrichissante. En tant que formatrice, j’ai aussi beaucoup apprécié cette aventure humaine aux côtés de Cécile et Nadia où nous étions complémentaires et partagions les mêmes valeurs. »
| Nadia Royo Cremer découvre l’escalade et l’alpinisme dans les Pyrénées à l’âge de 26 ans et devient une passionnée de la montagne. Elle devient monitrice d’escalade à 32 ans et est la secrétaire générale du SNAPEC à 37 ans. Elle encadre et forme en mixité et en non mixité depuis des années, notamment en club, pour la FFCAM dans le groupe féminin Les Tradeuses, et comme formatrice dans les différentes formations du DE Escalade en milieux naturels. Elle a aussi participé au projet Via Sedna, que vous avez eu l’occasion de découvrir au festival en 2023. |
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Cécile Rintjema s’est frayée un chemin entre sports genrés et activités sportives en mixité : elle commence jeune la gymnastique artistique aux codes et à la discipline très marqués, avant d’atteindre plus tard le haut niveau en compétition (équitation de saut d’obstacles) où elle se fait une place parmi une majorité d’hommes : quand on quitte la sphère « loisir » très féminisée, les cavaliers dominent la scène. Elle commence finalement l’escalade en 2013, se forme à l’alpinisme en 2019 puis au parapente en 2020 : de ces expériences « outdoor » elle garde aussi bien des expériences riches et incroyables que des moments de doutes en présence d’hommes pas toujours bienveillants, parfois « donneurs de leçons ».
Une formation adaptée aux conditions externes
Le calendrier et l’organisation des modules ont été co-construits par les formatrices au début du cursus. Le but est que les différents stages soient cohérents pour la progression des participantes.
Chaque formatrice est référente d’un module du cursus. L’ensemble de l’équipe se réunit avant chaque stage pour échanger sur l’évolution des participantes et adapter les contenus si besoin. Pour assurer un meilleur suivi et une certaine harmonisation dans les approches et les contenus, Cécile coordonne et assiste à l’ensemble des stages, soutenue par l’expertise de chacune des formatrices et par les compétences de Nadia et du Syndicat en matière de coordination et préparation.
Pour les lieux, la sélection a été opérée selon les objectifs de chaque module, le tout réparti sur les régions PACA, Occitanie et AURA.
“Le cursus permet aussi aux futures monitrices de se confronter aux aléas météo, d’adapter leurs activités et prises de décision sur le terrain en temps réel.” Cécile
Si ce beau projet te donne des ailes, c’est le moment ! Les appels à candidatures pour se préparer au TEP 2027 sont lancés. Les sélections auront lieu les 19 et 20 septembre 2026 dans le Thaurac (34) et la préformation se déroulera d’octobre 2026 (cohésion d’équipe) à octobre 2027.
Dans la même ligne, un projet de cursus féminin de préparation au TEP du DEJEPS Canyonisme est en cours pour 2026/2027. Ce projet est porté par Coline Dorgambide au sein du cercle féminisation du SNAPEC, stagiaire en formation cette année au CREPS de Montpellier. En partenariat avec les CREPS et la Fédération française de spéléologie.
Mental et techniques, deux alliés incomparables
Le travail du mental et des freins est particulièrement nécessaire chez les femmes : manque de légitimité et de confiance en soi sont des croyances profondément ancrées.
“Au sein de ce cursus il y a des femmes qui ont le niveau mais elles n’y croient pas, et d’autres qui ne l’ont pas encore, mais qui sont proches et qui rêvent de l’avoir.”
Pour travailler ces aspects, les formatrices se basent sur des outils de psychopédagogie amenés par Cécile Rintjema, coach mentale, avec des ateliers collectifs ou individuels spécifiques pour travailler la confiance en soi. L’objectif est que chacune puisse sortir de son histoire personnelle et se donner de nouveaux objectifs sans être limitée par son passé.
En escalade, en plus des techniques spécifiques aux différentes disciplines, il faut travailler la prise de conscience de ses forces et ses faiblesses, la gestion des peurs irrationnelles, le renforcement de la confiance dans ses capacités et le rapport à l’engagement. Pour cela, Camille leur apprend à s’autoévaluer et à planifier.
“ Si dans notre parcours on a réussi à dépasser nos peurs, ça peut nous donner envie d’apprendre aux autres ce qu’on a appris”.
Dans un premier temps, il s’agit d’être capable de poser un diagnostic précis et objectif sur sa propre grimpe, d’une part ses faiblesses et les améliorations possibles et d’autre part ses forces, ses points d’appui. Ce diagnostic concerne autant les ressources physiques, mentales et techniques.
Dans un deuxième temps, l’idée est de leur permettre de planifier les entraînements, les séances et être capable de les adapter au besoin. Finalement, l’objectif est qu’elles deviennent leur propre coach.
Hiron’DElles, pour développer nos ailes
Le projet Hiron’DELles est un superbe projet, porté par des femmes pour des femmes de manière à permettre à chacune de réaliser ses rêves. Une préformation pour se sentir prête à affronter les épreuves d’accès au métier, ensemble, pour un avenir plus juste et plus équitable. Car, finalement, chacun.e profite de la mixité chez les encadrant.es.
Par Nathalia Geber (@tacul.ture)

